Les gnaoua sont les descendants d'anciens esclaves noirs du Maroc. On considère qu'ils ont pour origine géographique et culturelle l'Ancien soudan, c'est à dire les pays du sud du Sahara. Musicothérapeutes, ils soignent la maladie par les couleurs, les parfums et la transe.
Tout en adoptant l'Islam, ils ont continué de célébrer les esprits africains au cours de rituels théâtralisés où ils s'adonnent à la pratique des danses de possession et à la transe. Ce rite de possession (désigné par le terme « derdeba ») qui se déroule la nuit (lila) est animé conjointement par un maître musicien accompagné de sa troupe, par une voyante affiliée à la confréries des gnaoua et ses assistantes.
Durant la cérémonie, la voyante régit les accessoires et les vêtements rituels nécessaires. Le maître musicien, lui, à l'aide d'un luth-tambour (guembri) à trois cordes appelle, par l'entremise de devises chantées et en brûlant des encens, les saints et les entités surnaturelles à se présenter afin de prendre possession des adeptes qui s'adonneront à la transe
Dans le cadre du Festival d'Essaouira « Gnaoua et Musiques du Monde », les musiciens gnaoua jouent dans un contexte profane où n'existe plus la dimension thérapeutique et religieuse, leur art est ramené à l'expression musicale de leur culture qu'ils partagent avec d'autres musiciens venus des quatre coins du monde:).